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| À l'instar du gouvernement britannique, Pierre Lellouche s'est élevé contre la proposition d'impôt européen © Maxppp |
Les Britanniques ont tiré les premiers. "Le gouvernement est opposé à tout impôt direct finançant le budget de l'UE", a tranché lord James Sassoon, sous-secrétaire d'État rattaché au ministère des Finances, mardi matin. "Le Royaume-Uni estime que la fiscalité doit être déterminée au niveau national des États membres et disposerait d'un droit de veto sur tout projet en vue d'un impôt de la sorte", a-t-il ajouté dans un communiqué transmis à l'Agence France-Presse mardi. Une opposition attendue, le nouveau Premier ministre conservateur David Cameron ayant été élu en mai sur un programme très eurosceptique, promettant de combattre toute nouvelle dévolution de pouvoir à Bruxelles.
"Idée parfaitement inopportune" (Paris)
Côté français, c'est Pierre Lellouche qui s'est élevé contre la proposition de Janusz Lewandowski. "Nous jugeons cette idée d'impôt européen parfaitement inopportune. Tout impôt supplémentaire aujourd'hui n'est pas le bienvenu, et l'heure est bien davantage, parmi les États membres, mais aussi pour les institutions européennes, aux économies", a déclaré le secrétaire d'État français aux Affaires européennes.
En Belgique, c'est un autre son de cloche qui a résonné. Le secrétaire d'État belge au Budget Melchior Wathelet s'est dit, mardi, favorable à un impôt européen tel que suggéré par la Commission européenne. Le financement actuel de l'Union européenne, fondé sur des contributions des États membres, dont certains ont obtenu des rabais, "n'est pas sain", a estimé le secrétaire d'État belge, cité par l'agence Belga. "Avec un mécanisme de ressources propres, il serait plus juste", a-t-il assuré, en soulignant qu'il serait en outre "plus responsabilisant pour l'Union européenne en tant que telle".
Dans une interview au Financial Times Deutschland parue lundi, le commissaire européen au Budget a indiqué qu'il envisageait l'introduction d'un impôt dont les recettes alimenteraient directement les caisses européennes. "J'entends de la part de plusieurs capitales, y compris des grosses comme Berlin, qu'elles aimeraient faire baisser leurs contributions" au budget européen, a déclaré le commissaire européen, ajoutant : "Cela ouvre une porte à une réflexion sur des sources de revenus propres, qui ne soient pas prélevées par les ministres des Finances." L'Union européenne ne taxe pas pour le moment directement les citoyens européens, mais se finance essentiellement par les contributions des États membres.

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