jeudi 2 septembre 2010

Nouveau recul du taux de chômage au 2e trimestre, à 9,3%

PARIS (Reuters) - Le taux de chômage a reculé en France au deuxième trimestre, confirmant le recul amorcé au trimestre précédent tout en restant à des niveaux élevés, selon les données CVS provisoires publiées jeudi par l'Insee.


Le taux de chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT) est ressorti à 9,3% en métropole au deuxième trimestre et à 9,7% en comptant les départements d'Outre-mer.
Les chiffres du premier trimestre ont été confirmés à 9,5% et 9,9% respectivement.
Compte tenu de la révision en hausse de 0,1 point de ceux du quatrième trimestre 2009 - à 9,6% et 10,0% respectivement -, le taux de chômage a enregistré un deuxième trimestre consécutif de baisse sur la période avril-juin 2010.
Ce recul confirme la tendance à l'amélioration du marché de l'emploi qui ressortait des créations nettes d'emploi dans le secteur privé et des chiffres mensuels des demandeurs d'emploi publiés par Pôle emploi et le ministère de l'Economie.
"Les évolutions récentes de l'emploi et du chômage témoignent clairement d'une meilleure orientation du marché du travail en France et reflètent l'amorce progressive d'un cercle vertueux lié au retour de la croissance au deuxième trimestre", se félicite Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, dans un communiqué.
Le chiffre, correspondant à 2,624 millions de demandeurs d'emploi en métropole, n'en reste pas moins élevé. Au début 2008, avant la crise, le taux de chômage était de 7,2%.
AMÉLIORATION POUR LES 50 ANS ET PLUS
Les données de l'Insee font état d'une amélioration chez les 50 ans et plus dont le taux de chômage recule de 0,5 point d'un trimestre sur l'autre, à 6,1% contre 6,6% au trimestre précédent.
En revanche, le chômage des jeunes se stabilise à un niveau élevé. Le taux de chômage des 15-24 ans demeure à 23,3% (632.000 personnes) après avoir culminé à 24,1% au quatrième trimestre 2009 en métropole.
Le taux de chômage des 25-49 ans a baissé de 0,2 point à 8,4% après 8,6%. Par sexe, il diminue de 0,3 point pour les femmes à 9,4% et de 0,2 point chez les hommes à 9,2%.
L'Insee, qui ne publie plus de taux mensuel depuis 2006 après une polémique sur sa méthode de calcul, a achevé au deuxième trimestre son augmentation de moitié de la taille de l'échantillon servant de base à l'estimation du taux de chômage.
Eurostat, l'agence de statistiques de l'Union européenne, qui continue de publier un taux de chômage mensuel, a annoncé mardi un taux de 10,0% pour la France (Dom inclus) en juillet comme en juin.
POURSUITE DE LA PRÉCARISATION
L'enquête de l'Insee montre que le taux d'emploi s'est stabilisé mais que la précarisation s'est poursuivie.
La part des personnes en contrat à durée déterminée ou en intérim a augmenté de 0,2 point à 6,6% alors que celle des salariés en contrats à durée indéterminée a continué de diminuer pour revenir à 49,0%.
La proportion des personnes entre 15 et 64 ans ayant un emploi est de 63,8% au deuxième trimestre comme au trimestre précédent, en recul de 0,4% sur un an.
Dans le détail, 27,9% des 15-24 ans, 81,8% des 25-49 ans et 55,6% des 50-64 ans (dont 42,1% des 55-64 ans) occupaient un emploi au deuxième trimestre.
En revanche, la proportion des personnes ayant un emploi mais souhaitant travailler plus a diminué de 0,3 point à 5,8%.
"Cette baisse est liée à celle du chômage partiel, qui passe de 0,8% des personnes en emploi à 0,5% au deuxième trimestre 2010", souligne l'Insee dans son communiqué.
Le temps partiel subi est stable à 5,3% des personnes en emploi.
Enfin, 3,3 millions de personnes en France métropolitaine ne travaillent pas mais souhaitent travailler, qu'elles soient ou non disponibles immédiatement ou qu'elles recherchent ou non un emploi, ce que les experts désignent comme le "halo" du chômage.
Marc Joanny, édité par Clément Guillou

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